Réintroduire les cours de Morale auprès de ses enfants

L’amour sans exigence engendre la médiocrité́, 

L’exigence sans amour engendre la révolte, 

Un amour exigeant fait grandir l’enfant.

Ces cours de morale, de bonne conduite et de bon sens sont désormais inexistants à l’école et pourtant son essentiels pour définir un cadre aux enfants.

Voici un site qui donne en accès libre et gratuitement des anciennes fiches de morale:

ICI

1. L’introduction aux notions de la morale

  • le bien et le mal
  • le vrai et le faux
  • la sanction et la réparation
  • le respect des règles
  • le courage
  • la loyauté
  • la franchise
  • le travail
  • le mérite individuel

2. Le respect de soi

  • la dignité
  • l’honnêteté par rapport à soi-même
  • l’hygiène
  • le droit à l’intimité
  • l’image que je donne de moi-même (en tant qu’être humain)
  • la protection de soi

3. La vie sociale et le respect des personnes

  • les droits et les devoirs
  • la liberté individuelle et ses limites
  • l’égalité (des sexes, des êtres humains)
  • la politesse
  • la fraternité
  • la solidarité
  • l’excuse
  • la coopération
  • le respect
  • l’honnêteté vis-à-vis d’autrui
  • la justice
  • la tolérance
  • la maîtrise de soi (être maître de ses propos et de ses actes)
  • la sécurité des autres

4. Le respect des biens

  • le respect du bien d’autrui
  • le respect du bien public

Réintroduire la notion de devoir (envers Dieu, sa famille, sa patrie, autrui et soi-même).

  • Les livres que j’aimerais acheter en lien avec le sujet:
  • La Morale par l’exemple: 100 récits historiques sur la vertu, la bonté et la générosité. de Monsieur Arras.
  • Les livres de Morale de nos grands-mères. Chez Archives et Culture.
  • Manuel d’instruction civique et morale – Cycle 3. Chez la Librairie des Ecoles.
  • Les vertus morales, armature de la vie chrétienne. Du père Garrigou-Lagrange.

Le voile et le vêtement décent

  • Le voile

Jésus Christ le demande à travers l’Ecriture sainte: Par Saint Paul « Toute femme qui prie ou prophétise la tête non voilée, déshonore sa tête. Si une femme ne se voile pas la tête, qu’elle se coupe aussi les cheveux. »(I Cor. XI, 6)

L’Eglise l’exige par son Droit Canon N°1262 « Quand on assiste aux fonctions sacrées, les hommes doivent être tête nue et les femmes doivent avoir la tête couverte et être vêtues modestement, surtout quand elles s’approchent de la sainte table. »

Les Papes y obligent: saint Lin a défendu aux femmes d’entrer dans l’église sans avoir la tête couverte d’un voile, ce que Saint Pierre avait aussi défendu. Le voile se met avant d’entrer dans l’église et s’enlève à la sortie.

On peut facilement comprendre que la femme aspire naturellement à faire valoir sa beauté qui s’exprime en partie par ses cheveux. La cacher à l’église, exprime une simplicité, une modestie (gardienne de la chasteté dit Pie XII), une humilité et une obéissance envers Dieu ainsi qu’une soumission volontaire à l’homme, le chef de la femme. Et une femme qui se dévoile, brise son mystère.

Le voile est l’expression de la chasteté féminine par excellence: à la première communion, un beau voile; à la communion solennelle, un long voile blanc; au mariage et à l’entrée dans la vie religieuse, un très long voile blanc. C’est un signe de révérence envers la présence de Dieu dans l’hostie consacrée, elle répond à un besoin de mettre à part ce qui est sacré. Le voile de la mariée signifie qu’elle se met sous l’autorité de son mari, non pas qu’elle va lui obéir aveuglément comme une esclave, mais qu’elle se confie à lui, qu’elle lui fait confiance. La femme a cette mission cachée. Cet homme va l’aimer et la chérir, de la même façon que le Christ aime son Eglise, jusqu’à donner sa vie pour elle. Le voile de la mariée indique également leur promesse de fidélité et d’exclusivité. Par extension, le voile est un rappel visible de la relation entre l’Eglise et le Christ. Mettre un voile à la messe c’est aussi un rappel que Jésus-Christ est Notre-Seigneur, que l’on choisit de se mettre sous son autorité.

Saint Thomas d’Aquin l’explique bien: si l’homme est la gloire de Dieu, il doit demeurer tête découverte dans la prière et les lieux saints, pour faire honneur à son Créateur. Si la femme est la gloire de l’homme, elle doit se voiler car en présence de Dieu, elle doit marquer son humilité, son obéissance et sa soumission vis-à-vis du divin, ainsi que sa modestie et chasteté vis-à-vis des hommes.

  • Le vêtement décent

Jésus-Christ le demande à travers l’Ecriture sainte: « Que la femme ne porte pas un vêtement masculin, ni l’homme un vêtement de femme: car celui qui agit ainsi est abominable devant Dieu » (Deutéronome XXII, 5).

Par nature, le pantalon moule le corps bien plus que ne le fait une jupe modeste. Cela est indécent et est occasion de chute pour le prochain, tout en étant inélégant. De plus, l’habit masculin employé par une femme: modifie la mentalité des femmes (veulent imiter les hommes dans le principe d’indépendance), tend à vicier les rapports entre l’homme et la femme (la diversité devient moins visible et la pudeur est enlevée), détruit facilement la dignité d’une mère face à ses enfants (perte de sa dignité et de son honneur).

La longueur de la jupe ou la robe doit couvrir les genoux en position assise, sans bras nus, ni décolletés (donc pas de mini-jupe, de robes longues fendues, de vêtements moulants, de vêtements transparents, de décolleté prononcé). Filles et femmes, prenez exemple sur Notre-Dame et vous serez vêtues modestement. Qu’elle est belle Notre-Dame! Sa beauté s’exprime surtout par ses vertus.

Le pape Pie XI a énoncé un critère de modestie: « On ne peut considérer comme étant décent un vêtement dont le décolletage dépasse la largeur de deux doigts au-dessous de la naissance du cou; un vêtement dont les manches ne descendent pas au moins jusqu’aux coudes, et qui descend à peine au-dessous des genoux. Indécents sont également les habits d’étoffe transparente… ».

« Quand on voit une femme en pantalon, ce n’est pas uniquement à telle personne qui s’habille de manière indigne qu’il faut penser, mais à l’humanité toute entière qui va vers un chaos qui sera atteint quand les femmes seront totalement assimilées aux hommes. Personne n’a intérêt à prêter la main à l’élaboration d’un avenir où règneront l’indéfini, l’ambigu, l’incomplet, et en définitive, le monstrueux » Cardinal Siri. « Le pantalon féminin s’inscrit dans une dynamique de remise en cause des mythes structurant les deux genres » et « Le pantalon a accompagné les mutations du genre, dans les deux derniers siècles » Histoire politique du pantalon de Christine Bard.

  « Dom Maréchaux n’hésitait pas à résumer en deux traits toute l’action pastorale du Père Emmanuel : le chapelet des hommes et la modestie des femmes »  (La modestie chrétienne, Editions du Sel). Et effectivement, si les hommes étaient pieux d’une piété qui nourrisse l’action, et les femmes modestes d’une modestie comprise, convaincue et sans compromis, tout serait sauvé, car ce serait le terreau fertile où pourrait s’épanouir la grâce sans obstacle. Car la vraie piété est l’humilité de l’homme en lui faisant mettre dans sa poche son orgueil masculin et la modestie est l’humilité de la femme en prenant à rebours sa coquetterie et en la rendant imitatrice de la Très Sainte Vierge Marie.

Je vous recommande chaudement cet article: ici, ainsi que tous les articles traitant de la modestie féminine et du voile du site Fide Post.

Les Blogs à consulter: Modestie Catholique, La femme catholique, Femme à part et Fide Post.

Les marques de vêtements que je recommande: Dainty Jewells, Femme à Part, Sézane, Comptoir des cotonniers, Uniqlo.

  • Comment concrètement faire de l’apostolat autour de vous?

Tout d’abord, s’habiller de manière décente, modeste, élégante et féminine. Etre propre et soignée dans votre hygiène, tenue, coiffure. Proposer à la personne en présence de prier avec vous: chapelet, bénédicités, prière du matin et du soir. Se voiler lors des prières et de la Sainte Messe. Proposer justement à la personne de venir à la messe avec vous et l’informer des horaires de Confessions si besoin. Avoir une attitude digne, joyeuse, discrète, mesurée, respectueuse, chaste dans ses paroles, bannir les médisances et sensibleries. Présenter à la personne des amis ou connaissances de paroisse sympathiques. Inviter Monsieur l’Abbé à un repas partagé avec la personne. Proposer de lui prêter des livres en lien avec la Foi ou la Morale.

  • Voici une magnifique lettre tirée du blog Femme à part que je vous retranscris ici:

Lettre d’un routier

Chère guide-aînée,

La beauté d’une femme me touche et me fascine tout à la fois. Je veux te dire dans cette lettre combien ta beauté intérieure compte beaucoup à mes yeux. Quand nous nous croisons, quand nous discutons, quand nous nous découvrons, ce n’est pas seulement à ton corps que je désire m’intéresser mais bien à toute ta personne. L’amitié avec toi, que tu sois cheftaine ou guide-aînée, est pour moi un trésor inestimable. Si précieux que je ne voudrais surtout pas le gâcher. J’ai besoin de toi pour devenir saint.

Tu sais en effet la profonde influence que tu exerces sur moi : un simple sourire et je me jetterai sans hésiter du haut du plongeoir, un seul regard admiratif et j’entrerai sans broncher dans l’eau froide de l’océan au printemps. À la suite de Guy de Larigaudie [1], je ne peux que t’inviter à exercer également cette influence dans le domaine de la pureté.

Tu dois savoir qu’il y a une différence entre toi et moi dans ce domaine. Les garçons ne sont pas plus vicieux que les filles ; cependant il nous faut faire des efforts souvent très importants et dont vous ne vous rendez certainement pas compte pour rester purs dans nos pensées. Par exemple, la vue d’un jeune homme dont le bermuda est trop court sera pour toi principalement une source d’amusement, alors que de mon côté, la vue d’une jolie jeune fille en mini-short avec un haut très serré éveillera facilement une pulsion sexuelle. Or, tu te souviens que « tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » (Mt 5, 28). Tu me rendras donc un immense service si tu t’appliques à pratiquer la vertu de modestie, qu’on appelle aussi pudeur.

En 1941, Pie XII invitait les jeunes femmes à se soucier du regard que les hommes portent sur elles : « Oh ! Combien justement on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu’elles causent chez les autres par leurs toilettes et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d’importance, elles s’épouvanteraient de leur responsabilité ! »

Cette pudeur à laquelle je t’appelle à mon tour est la gardienne naturelle de la chasteté, elle qui a tant de prix à mes yeux dans un monde où sa pratique relève souvent de l’héroïsme. La pudeur est donc en ce sens un moyen de pratiquer la charité envers les hommes en général, et envers moi et mes frères routiers en particulier, nous qui avons cet ardent désir de maîtriser notre cœur jeune, fragile et généreux. Tu peux nous faire confiance pour y parvenir ; ainsi, ta charité envers moi n’ira pas à l’encontre de ta féminité. Mettre ton corps en valeur, c’est glorifier notre Créateur : ce corps, il te l’a confié comme le temple de Son Esprit Saint.

Force est de reconnaître que l’exercice est pour toi des plus périlleux : être belle sans être source de tentation est un juste équilibre à conquérir. La Vierge Marie est pour toi un modèle de perfection : aurait-elle pu porter tel ou tel vêtement, avoir telle ou telle attitude ? À Fatima, au début du XXe siècle, elle a révélé à la bienheureuse Jacinthe : « Certaines modes seront lancées et offenseront gravement mon Fils. » Voilà une bonne raison d’avoir une attitude sélective vis-à-vis de la mode.

Aie donc la bonté de nous épargner ce pantalon trop serré, cette jupe trop courte, ce décolleté trop ouvert ou encore ces vêtements trop transparents, car nous avons du mal à en détacher notre regard. Le jeu en vaut la chandelle : « Une femme pudique est une double grâce » (Si 26,15) et je te promets que tes efforts porteront du fruit.

Ta pureté peut réellement illuminer ma vie. Je crois fermement que nous avons beaucoup à nous apprendre et que nous pouvons être l’un pour l’autre non pas source de faute mais bien d’enrichissement. Osons la sainteté ensemble.

Benoît H. Perrin, Clé de feu, numéro 58 (octobre 2009), p. 18-20.

  • Enfin je terminerais par une phrase entendue il y a peu de temps: Mesdames, Mesdemoiselles, ne courrez pas après un homme, courrez après la présence de Dieu.

Mesdemoiselles, 8 signes que votre prince charmant n’est pas le bon!

Article inspiré d’une vidéo forte intéressante qui permettra à nombres de naïves demoiselles de ne pas se laisser leurrer et duper par les apparences et leurs vives émotions. Nous sommes dans un monde où le culte de la médiocrité domine et malheureusement il existe de plus en plus d’hommes empreints de l’esprit du monde. Voici 8 signes qui vous indiquent une chose: la fuite!

  • Il s’attend et exige que vous pourvoyez autant que lui aux futurs dépenses du foyer. Il ne veut pas assumer son rôle d’homme qui doit travailler plus et fournir plus d’argent que la femme qui enfante, accouche, materne, allaite, se lève davantage la nuit, etc (en plus d’avoir plus de dépenses à effectuer en matière de soins, vêtements, hygiène…). Si en plus, il gagne moins que vous et refuse d’être l’unique salaire du foyer, il démontre clairement qu’il n’est pas généreux, ni pourvoyeur ni viril. Votre futur fiancé devrait trouver évident d’être celui qui travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, et vous devriez choisir un homme qui gagne plus que vous.
  • S’il vous fait sentir comme bizarre, folle, à côté de la plaque lorsque vous attendez de lui de l’engagement.
  • S’il est instable, déloyal, inconstant, qu’il vous ignore, voire qu’il est infidèle. Si vous n’êtes pas sa priorité: partez.
  • S’il manque de profondeur, de culture et d’intelligence. S’il ne s’intéresse qu’au foot, aux voitures et à Netflix: passez votre chemin. Choisissez un homme au moins aussi cultivé, curieux et intelligent que vous. Toujours!
  • S’il n’est pas gentleman, et qu’il manque cruellement de savoir-vivre, de courtoisie, de bienséance.
  • S’il vous manipule: il se fait passer pour une victime, il se trouve toujours des excuses, déforme la réalité à son avantage…
  • S’il a encore son mode de vie d’étudiant: soirée alcoolisée en boite de nuit tous les weekends avec les copains, sans jamais vous inviter.
  • S’il n’a aucune droiture morale et qu’il préfère faire preuve de bassesse pour arriver à ses fins (qui sont toujours égoïstes, peu nobles, voire honteuses).

Vie de prière quotidienne

Voici les 7 résolutions que les enfants du catéchisme ont prises samedi dernier pour le temps de vacances. Pourquoi ne pas imiter ces points importants qui nous permettront de passer de bonnes vacances chrétiennes ! 

1- Lire au moins 10 pages une lecture spirituelle (ou plus !) (vie d’un saint, une page d’évangile, etc…)
2- Prier le chapelet (5 dizaines) tous les jours + 3 fois l’Angelus et bien sûr, ne jamais oublier la prière du matin et du soir.
3- Ne pas regarder de films sauf des films très catholiques (genre : « le jubilé de Pontmain », « Il suffit d’aimer » (vie de ste Bernadette Soubirous), et quelques rares autres. Je prépare quelques films fixes de vie de saints.

4- Au moins un vrai sacrifice par jour en aidant la famille.
5- Assister à la messe quotidiennement si possible + lire le saint du jour. Au moins les communions des 1ers vendredis et 1ers samedis du mois.
6- Être apôtre, d’abord par l’exemple, puis par la parole et enfin en distribuant des médailles miraculeuses.
7- Garder l’union avec le Bon Dieu (confessions tous les 15 jours).

  • Je vous mets en lien un article sur la prière : ici

  • Voici un extrait de la newsletter de Femme à part que je mets ici:

Le plus important, à mes yeux, est de commencer la journée sous le regard du bon Dieu, et de la terminer de la même façon. Dès que vous vous réveillez, et avant même de poser le pied par terre, vous pouvez par exemple faire un signe de Croix, et offrir votre journée à Dieu. Dès que vous serez davantage éveillée, vous pourrez faire une prière en bonne et due forme : dire au bon Dieu que vous l’aimez, prendre de bonnes résolutions, demander au Saint Esprit de vous éclairer, confier les personnes qui vous sont chères, etc.  Dans cet article du blog, je vous avais parlé de l’oraison ou méditation. Cet exercice est très bénéfique pour toute âme, et l’on peut commencer par 2 minutes, puis 4, puis 10. Pour bien méditer, il est important d’être au calme, et de ne pas avoir l’esprit encombré par trop de soucis, et notre imagination qui galope partout. Il peut donc être plus simple de faire oraison dès le matin, afin d’être dans les meilleures conditions possibles et d’en tirer de bons fruits pour votre âme. Au cours de la journée, vous pouvez aussi trouver un moment calme pour réciter votre chapelet. Enfin, et je l’ai déjà mentionné, il est bon de conclure la journée en la mettant sous le regard du bon Dieu et en faisant un examen de conscience approfondi.

Au cours de la journée, il est possible de mettre en place de bonnes habitudes qui vont nous rapprocher de Dieu et du Ciel, même si nous sommes pris par nos occupations quotidiennes. Il y a ce que l’on appelle les prières jaculatoires, qui consistent en quelques mots ou phrases que l’on adresse à Dieu au cours de la journée : « Mon Dieu, je vous aime », « Cœur de Jésus, j’ai confiance en Vous » ou encore « Ô ma mère du Ciel, aidez-moi à rester pure comme vous ». Vous pouvez également réciter votre Angélus à 7h, à midi et à 19h. Sans oublier les prières avant et après les repas, mais aussi un temps de lecture spirituelle pour former votre âme et l’élever vers le Ciel. Vous trouverez des idées de lecture dans la bibliographie du blog.

Bien entendu, nous ne sommes pas des religieuses et nous ne pouvons pas être en prière en permanence, l’idée est juste de trouver de petites astuces pour être le plus souvent possible sous le regard de Dieu, et toujours sanctifier ce que nous faisons. Pensons à Lui offrir notre travail, nos occupations ménagères, nos difficultés, nos joies… Lorsque nous avons quelque chose d’important à faire, pensons à demander de l’aide à notre ange gardien également. Si nous passons devant une église, n’hésitons pas à aller y prier, ne serait-ce qu’une ou deux minutes.

  • Voici maintenant un article paru sur la page Facebook de Saint Nicolas du Chardonnet sur la prière du chapelet:

Le chapelet est une école maternelle, celle de la Vierge. Itinéraire spirituel des enfants de Dieu, on y apprend à redevenir de petits enfants, mais aussi à devenir de grands saints. Si nous suivons la Vierge dans les mystères du chapelet, nous saurons quelles vertus pratiquer et nous obtiendrons d’Elle la grâce de les pratiquer.

DANS LES MYSTÈRES JOYEUX, NOTRE-DAME DU ROSAIRE NOUS APPREND LES VERTUS CACHÉES. Dans l’Annonciation, la Mère de Dieu nous dévoile le fondement de l’édifice de la sainteté : c’est l’humilité. Dans la Visitation, après s’être remplie de Dieu, la Vierge Marie nous montre l’exemple de la ferveur, celle qui passe à l’action. Elle nous apprend que la charité où l’amour pour Dieu doit nécessairement s’épanouir l’amour pour le prochain. Dans le mystère de la Nativité, Notre-Dame nous apprend l’ascèse chrétienne. Jésus-Christ est l’unique nécessaire : il faut mépriser les choses de la terre et aimer les choses célestes. Dans le mystère de la Présentation au temple et de la Purification, notre bonne Mère du Ciel nous apprend à obéir aux commandements de Dieu, aux préceptes de l’Évangile, aux impératifs du devoir d’état. Elle nous rappelle que nous devons garder la pureté au milieu de ce monde corrompu. Dans le mystère du Recouvrement au temple, la Mère de Jésus nous apprend comment et où rechercher Dieu. Elle nous apprend à être aux affaires de notre Père céleste. Elle nous montre qu’il n’est pas toujours nécessaire de tout comprendre, puisqu’Elle n’a pas compris la réponse de Jésus.

DANS LES MYSTÈRES DOULOUREUX, NOTRE-DAME DU ROSAIRE NOUS INCULQUE LA VIE ASCÉTIQUE. Dans le mystère de l’Agonie, la Mère de Dieu nous invite à la contrition de nos péchés. Elle nous enseigne l’esprit de componction. Elle nous apprend comment nous comporter dans les désolations. Dans le mystère de la Flagellation, la Vierge Marie nous montre en quel état nos péchés de sensualité ont mis Jésus, c’est-à-dire les péchés que nous faisons avec notre corps et avec nos sens. Elle nous apprend la mortification chrétienne qui réduit le vieil homme à la puissance d’un mort.Dans le mystère du Couronnement d’épines, Notre-Dame nous fait comprendre que la mortification des sens n’est possible que si l’on se mortifie l’esprit et le cœur : c’est la mortification intérieure.Dans le mystère du Portement de Croix, notre bonne Mère du Ciel nous apprend la patience dans les croix, c’est-à-dire dans les souffrances. Elle nous rappelle que, comme sur le chemin de la Croix, Elle est toujours présente pour nous consoler. Dans le mystère de la Crucifixion et de la mort de Jésus sur la Croix, la Mère du Sauveur nous rappelle qu’Elle est aussi notre Mère et que le sacrifice est au cœur de la vie chrétienne. C’est dans le sacrifice de la Messe, renouvellement non sanglant du Calvaire, qu’il faut puiser l’esprit de sacrifice.

DANS LES MYSTÈRES GLORIEUX, NOTRE-DAME DU ROSAIRE NOUS INVITE A ENTRER DANS LA VIE MYSTIQUE. Dans le mystère de la Résurrection, la Mère de Dieu nous rappelle que les enfants de lumière ne doivent pas se laisser guider par les yeux du corps dans la vie, mais doivent se conduire par les yeux de l’âme, c’est-à-dire les yeux de la foi grands ouverts. Dans le mystère de l’Ascension, la Vierge Marie oriente notre regard vers le Ciel, là où siège son divin Fils. Elle nous exhorte à compter sur la grâce et non sur nos propres forces, et nous donne ainsi l’espérance de parvenir au but : le Salut. Dans le mystère de la Pentecôte, Notre-Dame nous invite à correspondre aux inspirations du Saint-Esprit et à nous lancer dans la vie apostolique. Dans le mystère de l’Assomption, notre bonne Mère du Ciel nous exhorte à persévérer jusqu’à la fin pour La rejoindre dans le Ciel. Dans le mystère de son Couronnement au Ciel, la Mère de Jésus nous invite à La couronner dans nos cœurs par une véritable dévotion mariale.

Quelques leçons laissées par Mathilde Keller

Article tiré du site LaporteLatine:

Le 9 juin 1852, Émile Keller épousait Mathilde Humann. Ce mariage unissait deux âmes profondément chrétiennes et inaugurait cinquante-six ans d’existence commune, dont la solidité et l’harmonie reposaient avant tout sur l’amour de Dieu. En 1908, peu de temps après la mort de sa femme, Émile Keller écrivait à ses petits-enfants :

Après m’avoir donné une sainte mère, à laquelle je devais tant et qui jouissait de notre bonheur avec une tendresse désintéressée, Dieu m’avait choisi une compagne incomparable à qui je n’ai jamais connu un seul défaut et chez qui je n’ai jamais surpris, pendant de longues et laborieuses années, ni un mouvement d’impatience, ni un soupir de lassitude. Jamais le plus léger nuage ne troubla un seul instant l’azur limpide de notre union.

Mathilde écrivait, quant à elle, après trente ans de mariage :

Tout est fondu en nous, et il me semble que nous sommes le modèle parfait de cette union que Dieu a voulu réaliser dans le mariage chrétien. Nous pourrions être plus saints, je n’en doute pas, mais nous ne pourrions pas nous aimer plus tendrement.

C’est la fusion en Dieu de deux âmes qui fut le socle de cette famille privilégiée : « Quelle union que celle qui trouve son centre en Dieu, écrivait Mme Keller ; de loin comme de près, nous nous inspirons l’un l’autre, nous nous consultons et nous voulons aimer et servir Dieu avec la même âme. » Quatorze enfants furent la couronne de ce foyer. L’une d’elles racontera plus tard :

Notre bien-aimée mère faisait le charme de nos soirées de famille, sachant entretenir une conversation agréable à tous, s’intéressant aux travaux importants de notre père, aux grandes causes qu’il défendait ; se faisant raconter par ses fils les petits incidents de leur vie de collège, et présentant elle-même, comme une gracieuse gerbe, les petits faits de sa journée. Puis, nos parents se mettaient au piano, et presque chaque soir nous donnaient ainsi un petit concert classique. Les plus belles symphonies et les plus harmonieuses sonates passaient sous leurs doigts, et étaient l’écho de la délicieuse mélodie que chantaient, sans se lasser, les cœurs de nos parents tant aimés et ceux de leurs trop heureux enfants. De si douces journées ne pouvaient mieux se terminer que par la prière. « que vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tous ces bienfaits ? » C’était le merci que nous faisions tous ensemble monter jusqu’au ciel avant de nous séparer pour la nuit.

Témoignage d’Elisabeth Keller, en religion Mère Dominique de Jésus, supérieure de la Congrégation Dominicaine de Sainte Catherine de Sienne.

Quatre filles répondirent à l’appel de Dieu : trois chez les dominicaines – Marie, Cécile et Élisabeth, en religion mère Dominique de Jésus, supérieure de la congrégation Sainte-Catherine de Sienne, et une chez les Petites Sœurs des Pauvres, Marguerite.

Mais bien avant leurs enfants, dès 1857, les parents étaient entrés dans le tiers-ordre de saint Dominique, où ils avaient reçu les noms de frère Dominique et sœur Catherine. Ils y avaient été attirés d’abord par le père Besson, dominicain, rencontré à Rome, à Sainte-Sabine, lors de leur voyage de noces en Italie, puis, par l’amitié d’autres frères prêcheurs : Mgr Armanton, évêque de Mossoul (Irak), les pères Danzas, Chocarne et Balme. Mathilde Keller fit profession dans le tiers-ordre le 8 décembre 1858, entre les mains du père Chocarne, pendant que, de son côté, son mari faisait profession à la Fraternité des hommes.

(…)

L’opuscule familial, rédigé par Émile Keller, contient des extraits des lettres que lui adressait son épouse. Ils suffisent à montrer l’élévation d’âme de Mathilde :

Je crois que le bon Dieu, qui nous a accordé cette union si rare, veut qu’elle nous serve à mieux comprendre ce que nous devons être vis-à-vis de lui. Soyons ensemble pour lui ce que nous sommes l’un pour l’autre, c’est-à-dire un même cœur, une même volonté, un seul amour. Ce matin, je communierai pour toi. Quelle union que celle qui trouve son centre en Dieu ! N’est-ce pas aussi auprès de lui que nous sommes sûrs de n’être point séparés, que notre bonheur sera éternel ?

Nous marchons ensemble, et, pourvu que nous ayons toujours la même volonté d’aller au bon Dieu, il nous aidera, et, surtout, il ne nous fera pas arriver l’un sans l’autre ; car ce serait détruire l’union si complète qu’il a établie entre nous. Comme nous faisons peu de choses pour Jésus ! […]. Aussi, dans ta vie politique, travaille avant tout pour Dieu. Tu vas aux Carmes, je voudrais m’y agenouiller à côté de toi, mais je crois que, lors même que tu ne me vois pas, j’y viens prier avec toi. Nous nous retrouvons auprès de Notre-Seigneur, et nous lui demandons tous deux la même chose, son amour, l’amour de sa volonté, pour nous, pour nos enfants. Si nous le possédons réellement, nous serons paisibles au milieu des révolutions. Le monde s’agite tant, et pourquoi ? N’aie pas d’ambition, si ce n’est celle d’être au bon Dieu. Plus nous voudrons être des personnages importants, moins nous le serons dans la réalité ; car alors on se fait si facilement des illusions, on se crée des devoirs qui n’en sont pas. Quand même nous nous éteindrions à Saint-Nicolas, si nous avons su devenir des saints, qu’est-ce que cela fera ? »

(…)

Je voudrais faire sentir davantage à nos enfants que les vraies joies ont leur source ailleurs que dans le confortable et les plaisirs extérieurs. La vie à deux, avec la foi chrétienne qui domine les sacrifices mutuels, est, il me semble, le vrai but que Dieu se propose en rapprochant deux cœurs et deux âmes. Il faut se donner sans réserve l’un à l’autre, et marcher ensuite avec confiance sous le regard de Dieu.

Dieu peut faire un miracle, cher ami ; nous devons le lui demander et y croire ; mais en même temps, dès maintenant, acceptons toute sa volonté et croyons que dans la croix, il y a toujours une sève divine qui sanctifie. Dieu a été si bon pour nous qu’en retour, il nous demande de le regarder avant de nous regarder nous-mêmes. Et ces chers enfants qu’il nous a confiés et qui sont notre joie, nous ne les voulons que pour lui. Je ne sais pourquoi ta sainte mère m’est présente au cœur tout particulièrement ces jours-ci ; comme si elle venait consoler ma tristesse, et me dire que là-haut, nous comprendrions que Dieu est toujours bon, même dans la souffrance qu’il envoie.

(…)

L’art d’accompagner

J’apprécie énormément ce mot depuis que je suis maman: accompagner.

  • Accompagner au sommeil, rester présente, câliner, rassurer, au lieu de laisser pleurer le bébé et lui demander de se débrouiller tout seul.
  • Accompagner dans l’apprentissage de se nourrir en permettant à l’enfant de malaxer, de pétrir, de sucer sa nourriture et d’en mettre partout.
  • Accompagner à comprendre et à accueillir une émotion en lui permettant de l’exprimer, en la nommant, en rassurant l’enfant.
  • Accompagner à chaque moment de la vie et lui faire sentir qu’il pourra toujours compter sur sa famille.

Accompagner est finalement la mise en pratique de l’amour et de l’engagement que l’on prend envers quelqu’un.

  • Accompagner une amie qui passe une période difficile en étant présente pour elle, en l’écoutant, en lui rendant service et visite, en la conseillant si besoin.
  • Accompagner un époux dans sa réussite professionnelle en l’encourageant, en le soutenant, en faisant en sorte de ne pas peser dans des moments cruciaux pour lui…
  • Accompagner un parent en fin de vie dans ce moment important en étant présente, à l’écoute de ses besoins et rassurante.
  • Accompagner une soeur qui s’apprête à se fiancer dans cette période vulnérable et euphorique.
  • Accompagner un patient dans son processus de guérison et d’introspection.

Selon internet, « accompagner » c’est:

  1. Se joindre à (qqn) pour aller où il va en même temps que lui. Elle l’accompagne partout.
    • PAR EXTENSION: Soutenir, assister (qqn). Accompagner les malades.
  2. (CHOSES) S’ajouter à, aller avec.Les légumes qui accompagnent une viande.
  3. Jouer avec (un musicien, un chanteur) une partie pour soutenir sa mélodie.

Il y a une notion dans l’accompagnement que je trouve très douce, très belle, généreuse, féminine, empathique, charitable, qui fait appel au dévouement, à l’attention portée à l’autre, sans pour autant s’oublier et se sacrifier. Tout simplement proposer à l’autre de l’accompagner là où il est pour aller là où il souhaite se rendre.

L’importance de la dignité

La notion de dignité humaine présente des dimensions multiples, au niveau philosophiques, religieuses, et juridiques. Selon le philosophe allemand Emmanuel Kant, la dignité est le fait que la personne ne doit jamais être traitée seulement comme un moyen, mais toujours aussi comme une fin en soi. Une autre définition est utilisée en particulier dans le champ de la bioéthique, elle fait référence à une qualité qui serait liée à l’essence même de tout être humain ce qui expliquerait qu’elle soit la même pour tous et qu’elle n’admette pas de degré. Selon le philosophe Paul Ricœur, cette notion renvoie à l’idée que « quelque chose est dû à l’être humain du fait qu’il est humain ». Prise en ce sens, cela signifie que toute personne mérite un respect inconditionnel, quels que soient l’âge, le sexe, la santé physique ou mentale, l’identité de genre ou l’orientation sexuelle, la religion, la condition sociale ou l’origine ethnique de l’individu en question.

La dignité comme moyen de devenir Homme. Il y a tant de personnes qui sombrent dans la dépression, le désespoir, l’aigreur, la haine, le vice par manque total de dignité et de respect pour elles-mêmes. Certaines se suicident car elles ne pensent même pas être dignes de vivre! Ce sentiment d’indignité est tellement fort chez ces gens qu’ils ne pensent qu’au néant, à la mort. Nous sommes tellement dans l’aire du jetable, du facile, de l’impudicité, de la médisance, de l’égoïsme que se mettre au service de Dieu et prendre conscience de la dignité spéciale inhérente à l’Homme devient quasiment impossible. La société devient violente, immorale, impudique, irresponsable, irrespectueuse voire meurtrière. Sans dignité, on considère autrui comme une marchandise et cela peut aller très loin. Toute dignité est bafouée, jusque dans les familles et dans le coeurs des enfants.

Oui, vous êtes aimé, vous êtes une personne digne, vous avez une valeur immense auprès de Dieu. Votre existence est noble, a un sens et est appréciée. Vous êtes digne d’être quelqu’un de bien, de respectée, digne de réussir, d’avoir votre place. Prenez la place qui vous est du: ni trop peu ni trop. Mettez vous sous le regard de Dieu et redorez votre blason d’Homme digne sous celui-ci.

La dignité est inhérente à tout enfant de Dieu. L’homme privé de Dieu devient animal et est prisonnier de ses pires penchants: orgueil, vanité, égoïsme, impudicité, manque de chasteté, avarice, infidélité… A cause du péché originel qui nous a blessé au plus profond de notre dignité, l’homme est en proie à la chute s’il s’éloigne de la vie de Dieu. Les Saints étaient peut-être ceux qui avaient le plus conscience de la dignité de l’homme au regard de Dieu, et cette noblesse immense les a poussée à la sainteté. La sainteté serait donc la conséquence d’une conscience éclairée de la dignité de l’Homme, ce qu’elle implique et exige.

La femme qui se voile en présence du Saint Sacrement a conscience de sa dignité: tout ce qui est sacré est voilé. En temps que proche collaboratrice de Dieu dans le don de la vie, la maternité, la femme a une mission cachée et sacrée. Une femme qui se drape du manteau du Christ et imite la Sainte Vierge arborera une tenue décente et qui imagera le voile des grands mystères (la robe longue, la jupe, le voile, les cheveux longs…). Elle traitera ses enfants avec la dignité qui leur est du: des adultes en puissance, dans le respect de leur intégrité physique et leur dignité. Mais aussi des petits saints de part leur baptême. Elle les éduquera donc sans les violenter, les accompagnera en leur montrant l’exemple, en les conseillant, en étant douce, bienveillante et ferme. La femme consacrera l’amour qu’elle porte à son mari à Dieu, la sensiblerie et l’orgueil n’y auront plus leur place mais une grande dignité dans les sentiments, ainsi qu’une mise au service de soi pour que l’autre trouve sa plénitude en Dieu s’installera.

S’il n’y a qu’une valeur à transmettre à ses enfants c’est la dignité car tout découle de celle-ci.

Ce que sont les conséquences d’une dignité mise en pratique: de la décence et de l’élégance dans les tenues, de la féminité modeste chez les femmes, de la virilité protectrice chez les hommes, de la courtoisie, de la bienséance, du savoir-vivre, un langage élaboré, une posture droite et honnête, une attitude sereine et assurée, une paix et une joie de vivre se mêlant au grave soucis de son âme (et celle de son prochain), un respect pour la Création de Dieu et des êtres qui la compose.

Il n’est alors plus question de faire le clown, de vouloir plaire, de singer une idole, de stresser pour tout un tas de considérations secondaires… Votre conscience de votre valeur ne vous inquiète plus, votre dignité vous habille, votre paix repose en Dieu.

Le jour où vous prenez réellement conscience de l’âme éminemment digne qui vous habite, que votre corps est un temple sacré et que tout votre être est aimé et connu de Dieu: toute votre vie change. Les choses ne sont plus un jeu, ni à la merci du hasard, des modes, des passions. La vie prend toute sa grandeur, sa noblesse et son sens. Les choses ont du gout et tout est ordonné. La paix s’installe, les questionnements cessent, l’évidence du mystère divin demeure. La route est ouverte: celle de se mettre au service de Dieu et des autres, avec charité, foi, espérance, et dignité.

Voilà pourquoi être catholique: pour redonner la dignité à l’Homme, celle qu’il a perdu après le péché originel et qu’il tend à perdre dès qu’il s’éloigne de Dieu.

Ainsi, le baptême confère à celui qui le reçoit la grâce de la purification de tous les péchés, lui redonnant sa dignité d’enfant de Dieu. Cependant, le baptisé doit continuer à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées. Avec la grâce de Dieu, il y parvient:

  • Par la vertu et le don de chasteté, car la chasteté permet d’aimer d’un coeur droit et sans partage;
  • Par la pureté d’intention qui consiste à viser la fin véritable de l’homme: d’un oeil simple, le Baptisé cherche à trouver et à accomplir en toute chose la volonté de Dieu.
  • Par la pureté du regard extérieur et intérieur; par la discipline des sentiments et de l’imagination ; par le refus de toute complaisance dans les pensées impures qui inclinent à se détourner de la voie des commandements divins: « la vue éveille la passion chez les insensés » (Sg 15,5).
  • Par la prière!
  • La pureté demande la pudeur (d’où la nécessité de se vêtir avec décence). Celle-ci est une partie intégrante de la tempérance. La pudeur préserve l’intimité de la personne. Elle désigne le refus de dévoiler ce qui doit rester caché. Elle guide les regards et les gestes conformes à la dignité des personnes et de leur union.

Et pour finir, la dignité que nous donne Dieu et sa grâce découle de l’amour immense qu’Il a pour nous. Si vous souhaitez visualiser l’image la plus parfaite de l’Amour, ne vous tournez pas vers une image de couple romantique lors d’un diner aux chandelles, mais vers le Christ crucifié sur sa croix. Il s’est donné pour racheter l’humanité entière: il s’est sacrifié par amour. L’amour, ce n’est pas la passion ou le sentiment romantique, c’est ce que l’on bâtit et construit ensemble. L’amour ce sont les sacrifices que l’on va faire pour l’autre, pour son bien et son salut éternel.

Coeur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous.

Réflexions avec un prêtre

  • L’homme est poussé de part sa nature, à se donner à l’extérieur de son foyer: il deviendra militaire pour se donner à son pays, il deviendra prêtre pour se donner à Dieu et à l’Eglise, il deviendra chef d’entreprise pour se donner à un but qui le dépasse, il deviendra un salarié dédié à la réussite de son entreprise… Il cherche la reconnaissance et la gloire en se donnant de cette manière là.
  • La femme, elle, souhaite se donner à l’intérieur du foyer. Elle souhaite de tout son coeur se donner à un homme, à ses enfants et son foyer. Elle est prête à autant de sacrifices que l’homme tout en sachant qu’elle en retirera moins de gloire. C’est un sacerdoce du coeur.
  • Messieurs, dites à votre femme que vous l’aimez et serrez la dans vos bras très fort. Une femme désire être aimée et protégée.
  • Mesdames, dites à votre homme combien vous êtes admirative de tout ce qu’il fait à l’extérieur de la maison, laissez-lui son entière liberté pour qu’il revienne ensuite victorieux. Faites-lui des compliments et soyez heureuse de sa présence.
  • Il pourrait y avoir des conséquences négatives s’il y a manquements ou déséquilibres: un papa qui ne prend pas ses filles dans ses bras, qui ne leur dit pas qu’il les aime et qu’elles sont belles; ces mêmes filles iraient certainement chercher au moment de l’adolescence l’amour et la sécurité affective qu’elles n’ont pas reçues dans les bras d’un jeune homme. Une femme qui méprise son mari et qui lui reproche de trop s’investir en dehors du foyer aurait pour conséquence l’absence encore plus accentuée du mari en question. Un mari qui chercherait non seulement à se donner à son travail mais aussi à trouver de l’affection en dehors du foyer serait déloyal et infidèle. Un homme qui ne sait pas donner aussi à l’intérieur de son foyer serait une coquille vide, en constante recherche de ce qu’il lui manque. Il ne saurait pas voir qu’il a un trésor sous les yeux et qu’il faut continuer à chérir ce que l’on possède au lieu de s’en lasser et de vouloir aller voir ailleurs. Certains méprisent la vie de foyer et de famille au profit de leur vie professionnel. Il s’en suit très souvent une séparation et des enfants blessés du manque cruel d’investissement parental. De même, une femme qui cantonne sa vie uniquement à son foyer serait isolée et seule. Elle doit aussi en sortir pour se donner à la communauté (paroisse, école, commune, voisinage, et même faire un métier en adéquation avec sa nature). En tout chose, il faut chercher l’équilibre. Certes, un homme doit se donner à l’extérieur de son foyer, mais il doit chercher la reconnaissance et la récompense de ses efforts auprès de Dieu et de son foyer (notamment sa femme et l’aimer en retour). Avec constance, loyauté et fidélité. Dans le cas contraire, il y a un grand danger pour l’intégrité du couple, et de la famille.
  • Cela vient éclairer le rôle très important de la mère auprès de ses fils: celui de les féliciter, de les encourager, de les aimer. Dans le cas contraire, l’enfant apprendra à tord, que l’intérieur du foyer ne peut le satisfaire puisqu’il n’est pas aimé ou félicité comme il en aurait besoin. Il cherchera donc toute sa vie des preuves de reconnaissance extérieures et ne sera pas satisfait de l’amour que pourra lui donner sa femme (qu’il associera inconsciemment à l’amour que lui portait sa mère). Mesdames, soyez donc attentives à la relation qu’entretient votre fiancé avec sa mère, ainsi qu’aux relations qu’entretiennent les parents ensemble, en plus d’être attentive à la façon dont le père traite la mère… S’il y a déséquilibre quelque part et que le fiancé n’en a pas conscience, et qu’il n’a pas fait un travail là-dessus, cela se répercutera sur votre futur couple.

L’amour conjugal -partie 2-

Et si la raison de nombreux divorces se trouvait dans une trop grande exigence des conjoints l’un envers l’autre ? Il faut être performant émotionnellement, sexuellement, spirituellement et culturellement. Le secret de la longévité ne se trouve-t-il pas dans l’accueil des fragilités de chacun ? C’est l’enseignement à tirer des noces de Cana, que commente ici le Père Pierre-Marie Castaignos, accompagnateur de couples en vue du mariage.

Magique, extraordinaire, étoiles dans les yeux, papillons dans le ventre, coup de foudre, intense et inexplicable. Marie et Édouard n’ont pas de mots assez forts pour décrire leur relation. Cependant, deux ans après, ils sont chez un conseiller conjugal pour chercher à sortir de leurs disputes à répétition et comprendre ce qui s’est passé. Comment en sont-ils arrivés là alors qu’au début leur amour était juste une évidence ? Comment expliquer un tel décalage ? Sont-ils passés à côté de quelque chose ?

Le cas de Marie et d’Édouard est loin d’être unique. La société véhicule l’idée que pour qu’un couple réussisse la relation doit être magique, hors du commun et émotionnellement au top, sans tâche ni ride. Les ouvrages de psychologues se multiplient pour vous indiquer comment réussir votre couple en dix leçons en restant séduisant et attractif. Et si la longévité d’un couple se trouvait ailleurs ? N’est-ce pas précisément parce que l’on demande trop à la relation amoureuse que celle-ci est mise en danger et que les époux se découragent ?

Au cœur de ces noces, il y a un manque

Parmi le top dix des Évangiles de mariage se trouve le récit des noces de Cana. Quand sur les huit mariages de l’été on a entendu sept fois cet Évangile, il peut y avoir une certaine lassitude. Et pourtant… Pourtant les fiancés, et l’auditeur distrait, sont loin de se douter que cet Évangile est une vraie bonne nouvelle pour le couple. En effet au cœur de ces noces, il y a un manque : « Ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 2). Cela veut dire qu’au cœur de ce mariage qui a lieu à Cana, comme de tout mariage, il y a un manque et c’est ce manque qui est le secret du couple.

C’est parce que j’accepte que l’autre ne me comble pas que la relation reste dynamique, en attente d’une plénitude qui, nous le savons, ne sera pas de ce monde. Le psalmiste vient éclairer cette réalité humaine lorsqu’il déclare : « l’homme comblé ne dure pas » (Ps 48, 13). Non seulement l’homme mais le couple, toute réalité humaine pour durer doit passer par le creuset de l’accueil de la pauvreté de chacun, de ses limites, de ses manques et même de son péché. L’acceptation de notre finitude est la condition pour que toute relation durable, en particulier le mariage, puisse s’ancrer dans un voyage au long cours.

Le couple est l’union de deux pauvres

Le couple, c’est l’union de deux pauvres ! Accepter de vivre une certaine indigence et incomplétude dans la relation amoureuse fait partie des conditions pour traverser paisiblement la vie commune. C’est là qu’intervient le discernement. Avec quelle pauvreté puis-je vivre ? Qu’est-ce qui ne m’est pas possible d’accepter et qui me sera intolérable ? Difficile de répondre à cette question surtout au début d’une relation amoureuse.

L’erreur classique est de croire que l’autre va changer et ce que j’identifie aujourd’hui comme des manques vont progressivement s’estomper. Après le mariage ça ira mieux ! La grâce du sacrement peut tout ! Avec les enfants il deviendra responsable ! Bref on se rassure comme on peut mais c’est bien souvent à tort. Si l’on change, c’est à la marge et nos qualités comme nos défauts s’épaississent avec le temps.

Le discernement doit se faire avec l’autre tel qu’il est aujourd’hui. C’est le sens de cette belle formule de l’échange des consentements. « Je te reçois (telle que tu es) et je me donne à toi (tel que je suis) » Suis-je capable de vivre avec une personne toujours en retard ou qui veut tout contrôler car très anxieuse ? Et si l’autre est colérique voire violent ? Vivre avec une personne charismatique n’est guère plus simple. Il suffit qu’il rentre dans la salle pour capter toute la lumière et me laisser dans l’ombre. C’est donc au cas par cas qu’il faudra discerner. Le temps passé ensemble permet de découvrir les caractères tout en évitant avec les années de reprocher à l’autre ce qui nous a séduit.

Ce manque que seul Dieu peut combler

Le manque, s’il est frustrant et agaçant, est aussi structurant comme toute limite humaine. Au plan spirituel, ce manque restera le lieu que seul Dieu peut occuper dans le couple et qui poussera les époux à se tourner ensemble vers Celui qui est le Tout Autre. C’est l’accueil de l’altérité avec un grand A, celle de la transcendance, qui permet de recevoir dans la modestie et la patience l’altérité avec un petit a.

Sortis de la crise, Marie et Édouard ont renouvelé les promesses de leur mariage. Au traditionnel dialogue entre le prêtre et les fiancés, j’ai rajouté une question : Acceptez-vous de passer ensemble par le creuset de la Béatitude des pauvres pour recevoir aujourd’hui le Royaume de Dieu ? « Oui nous le voulons ».

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Le pape Jean Paul II a trouvé la lumière dans un passage de saint Paul, souvent mal interprété parce qu’il est lu trop souvent hors contexte ou avec la méconnaissance du texte entier :

« Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus (…) Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle » (Ephésiens 5,21-25).

Donc, rien à voir avec une domination unilatérale ou avec un devoir de la femme de se soumettre aux caprices de l’homme. Mais tout au contraire, « le mari et la femme sont soumis l’un à l’autre, subordonnés l’un à l’autre (…). La communauté ou unité qu’ils constituent en raison de leur mariage se réalise dans un don réciproque qui est aussi une soumission réciproque » (Jean Paul II, Catéchèse du 11 août 2981, n°3 et 4).

Posons-nous un instant cette question : cette soumission à l’autre, même « par respect pour le Christ » (Eph 5,21), n’est-ce pas un risque ? Si je me soumets simplement à un autre, sans protection pour ainsi dire, alors oui, dans ce cas, on peut parler d’un risque réel. Mais le sacrement du mariage est un chemin à trois, c’est un pacte avec le Créateur. Cela signifie que je peux me soumettre à l’autre parce qu’en vérité je me soumets à Dieu. Il s’est engagé avec l’autre et Il est fidèle. Si les deux époux s’engagent à se laisser guider par ce Dieu qui leur parle à travers le conjoint, alors oui, ça marche. Bien-sûr, cela exige un niveau de confiance énorme : j’accueille l’autre en moi, avec ses décisions, ses visions comme ses émotions. Ce qui est en jeu ici, c’est la communion dans le couple, avec cette finalité que les deux deviennent vraiment un. Pas à travers des compromis, mais par le sacrifice de la confiance.  Comme le dit le Pape François, l’un des maîtres du sujet :

« Cette même confiance permet une relation de liberté. Il n’est pas nécessaire de contrôler l’autre, de suivre minutieusement ses pas pour éviter qu’il nous échappe. L’amour fait confiance, il préserve la liberté, il renonce à tout contrôler, à posséder, à dominer. (…) En même temps, cela favorise la sincérité et la transparence, car lorsque quelqu’un sait que les autres ont confiance en lui et valorisent la bonté fondamentale de son être, il se montre alors tel qu’il est, sans rien cacher. Celui qui sait qu’on se méfie toujours de lui, qu’on le juge sans compassion, qu’on ne l’aime pas de manière inconditionnelle, préférera garder ses secrets, cacher ses chutes et ses faiblesses, feindre ce qu’il n’est pas » (Amoris Laetitia 115).

Quel courage faut-il pour vraiment s’abandonner ? Pour se donner, se soumettre à l’autre qui pense, juge et réfléchit différemment ? Quel courage faut-il pour croire que dans la mesure que j’accueille l’autre, Dieu me guidera a travers l’autre ?

Se soumettre l’un à l’autre et chacun à Dieu dans l’autre

Louis et Christine ont changé de stratégie. Au lieu de vouloir changer l’autre avec un pied de biche, ils ont choisi d’essayer d’agir vraiment par amour de l’autre, en commençant par la purification des intentions de chacun. Ils ont d’abord prié ensemble, ce qui a renforcé la confiance de l’un envers l’autre. Leur regard sur l’autre a changé. Sans s’en rendre compte, ils ont commencé à se soumettre l’un à l’autre, et chacun à Dieu dans l’autre.

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Dans la vie de couple, derrière un beau sourire, il y a parfois des situations fragiles, voire désespérées… Elles sont le fruit d’un certain aveuglement, du glissement vers un certain égoïsme qui cherche son propre plaisir. On y tombe tous régulièrement. Mais ces crises sont-elles uniquement mauvaises ?

Parfois, pour reprendre cette fameuse citation de Paul Claudel, Dieu écrit droit avec nos pauvres lignes courbes… Il y a quelques années, je cherchais un couple « top » pour faire un exposé sur les extraits de l’encyclique Amoris Laetitia dont  Grandir dans la charité conjugale, ce passage sublime du pape François. J’ai alors envoyé un mail à Benoît et Stéphanie – mariés depuis 7 ans – pour leur proposer ce challenge. Le même soir, Benoît m’appelait pour me dire qu’à ce moment, ça n’allait pas du tout dans leur couple… Benoît était dans une espèce de nuit depuis environ deux ans. Il était de plus en plus agacé par les défauts ou les différences de sa femme. Il ne voyait plus très clair, il doutait même d’avoir épousé la bonne personne. Bref, tout l’énervait, il se sentait pris dans une spirale de désarroi. Je vais tout de suite vous rassurer : aujourd’hui ils vont bien, même très bien ! Essayons donc de comprendre le problème que Benoît et Stéphanie ont vécu, et cherchons à retracer les pas qu’ils ont suivi sur leur chemin vers une nouvelle lumière, vers un nouvel amour.

Bien évidemment, cette histoire n’est pas un cas unique. Derrière un beau sourire, on est souvent surpris de découvrir des situations fragiles, voire désespérées, et même depuis des années. Sans prétendre trouver un dénominateur commun à toutes les crises de couple, il y a quand même des ressemblances qui peuvent nous éclairer. Bien sûr, il peut y avoir des crises engendrées par des négligences permanentes ou même des erreurs graves dans la façon de gérer le couple.

Mais il peut y avoir aussi ce que le pape François appelle des crises communes « qui se produisent généralement dans tous les couples, comme la crise des débuts, lorsqu’il faut apprendre à rendre compatibles les différences et à se détacher des parents ; ou la crise de l’arrivée de l’enfant, avec ses nouveaux défis émotionnels ; la crise de l’allaitement, qui change les habitudes du couple ; la crise de l’adolescence de l’enfant, qui exige beaucoup d’énergie, déstabilise les parents et parfois les oppose l’un à l’autre ; la crise du « nid vide », qui oblige le couple à se regarder de nouveau lui-même ; la crise qui a son origine dans la vieillesse des parents des conjoints, qui demandent plus de présence, de soins et de décisions difficiles. Ce sont des situations exigeantes, qui provoquent des peurs, des sentiments de culpabilité, des dépressions ou des fatigues pouvant affecter gravement l’union » (Amoris Laetitia, 235).

En plus des souffrances presque normales, causées par les étapes de la vie, des frustrations de nos sensibilités humaines s’ajoutent. L’homme a été créé pour vivre avec Dieu. Alors forcément, tout ce qui est inachevé ou fragile peut provoquer en lui des insatisfactions auxquelles il accorde une charge émotionnelle trop grande. Par exemple, comme l’explique le pape François, « la sensation de ne pas recevoir complètement la pareille, les jalousies, les différences qui surgissent entre les deux, l’attraction qu’éveillent d’autres personnes, les nouveaux intérêts qui tendent à accaparer le cœur, les changements physiques du conjoint, et tant d’autres choses qui, plus que des atteintes à l’amour, sont des opportunités qui invitent à le recréer une fois de plus » (Amoris Laetitia 237).

L’histoire de Benoît et Stéphanie se situe plutôt dans ce type des crises liées aux insatisfactions. Elles sont souvent le fruit d’un certain aveuglement, du glissement vers un certain égoïsme qui cherche son propre plaisir. On y tombe tous régulièrement.

Ces crises sont-elles uniquement mauvaises ? Si le but de notre vie était simplement le bonheur, alors effectivement ces crises ne seraient pas plus qu’un mal à éviter. Si Dieu n’était pas devenu homme pour nous offrir la bonne nouvelle, pour nous expliquer la vie, pour donner du sens à nos lieux de ténèbres, et même habiter les lieux de souffrances, alors une crise serait insupportable. Mais pour un chrétien, et plus encore pour un couple chrétien, le but principal de la vie n’est pas le bonheur, mais d’apprendre à aimer et à servir. Tout baptisé accueille cette vocation. Il la trouve inscrite dans son corps, son esprit et son âme.

Et les couples en font même une promesse formelle, par laquelle ils se consacrent à devenir des professionnels dans l’art d’aimer, à vouloir rendre présent sur la terre l’amour vrai, l’amour du ciel, au moins du mieux possible. Alors, ces moments de crise ne seraient-ils pas précisément des lieux pour choisir un plus grand amour, des phases nécessaires pour mûrir, pour aller vers la plénitude de notre vocation à devenir un don pour les autres ?

Vous savez probablement que le mot crise vient du grec, krinein, qui veut dire séparer, discerner, décider ! Un moment de crise, c’est un temps pour réfléchir, pour discerner et pour poser un nouveau choix. Au milieu de sa nuit,Benoît avait besoin exactement de cela : renouveler son choix, purifier le regard sur sa femme, retrouver la vérité de l’amour qui n’est pas la propre satisfaction, mais l’accueil et le don de soi. Dans la théologie du corps, le pape Jean Paul II précise :

« La vérité de l’amour des époux (…) trouve sa confirmation, non pas dans les paroles exprimées par le langage du transport amoureux (…), mais bien dans les options et dans les actes qui assument tout le poids de l’existence humaine dans leur union à tous les deux. (…) L’amour soutenu par la prière se révèle plus fort que la mort » (Audience du 27/09/1884).

Ma naïve demande à Benoît de m’aider à la préparation de mon exposé lui a donné la possibilité de s’arrêter, d’aller au cœur de son problème et de créer un espace de discernement. Il a tout de suite compris que cette demande était un clin d’œil du ciel. Avec Stéphanie, ils se sont mis à travailler ces passages d’Amoris Laetitia qui, m’ont-ils dits, avaient été écrits « pile-poil pour eux » ! Benoît à décidé de redonner la première place à sa femme, et de s’approcher de Dieu. Aujourd’hui, chaque fois qu’il vit une petite nuit, il pense à celle qui a duré deux ans, et qui est devenue pour son couple un lieu de rencontre intime et totalement inattendu avec le Sauveur. C’est aussi cette nuit qui marque le début d’une nouvelle étape à deux, un nouveau baptême. Elle est devenue pour eux un lieu de lumière, un rempart pour les crises futures.

Un dernier mot : par le sacrement du mariage, les couples assument l’incroyable mission de rendre présent sur la terre l’amour de Jésus, l’amour qui est vrai, pur et qui est don-de-soi. Ils se consacrent à donner la continuation à l’amour du Sauveur. Alors je me dis la chose suivante : quand un couple vit une situation de crise, une nuit de l’esprit ou des sens, si à ce moment les époux renouvellent leur confiance en un Dieu qui ne les abandonne pas, s’ils renouvellent leur choix de fidélité l’un envers l’autre, ils incarnent alors la continuité de l’espérance vécue par le Christ au milieu de sa nuit de Gethsémani… Ainsi, ils remplissent les nuits de ce monde avec l’espérance, avec le oui plein de tendresse de Jésus. Dans votre prochain moment de nuit, je voudrais vous inviter à ouvrir l’évangile de Saint Mathieu (26,36-46), à vous asseoir à coté de Jésus et à accueillir sa persévérance, son espérance et sa fidélité. Et vous verrez, c’est son oui qui va vous guérir, c’est lui qui va transformer votre nuit en un lieu d’une nouvelle lumière, d’un nouveau début.

L’amour conjugal -partie 1-

Encore une vaste question à laquelle nous allons tenter de répondre…

L’amour conjugal est à différencier du sacrement de mariage, ce dernier venant donner un aspect surnaturel à l’amour humain et le soutenir. De même, l’amour conjugal est à différencier des moments de fréquentation et de fiançailles qui sont souvent plein d’euphorie, d’illusions, mais aussi de réserve…

L’amour conjugal est en quelque sorte une amitié profonde et sacrée, tissée de complicités mais aussi de mésententes et de pardons. Voici divers articles très intéressants tirés du site Aleteia:

Par le Père Paul Habsburg:

Je garde dans mon cœur un chant assez touchant qui me revient souvent en tête. C’est celui du poète allemand Rainhard May, « Menschenjunges » (petit-bonhomme). Il décrit un père devant le berceau de son nouveau-né. Pendant qu’il regarde son bébé, il s’imagine les mille vies que celui-ci vivra. Avec émotion, il pense aussi à tout ce que son enfant et lui feront ensemble. Cela me fait penser, et j’en suis convaincu, que Dieu a un rêve pour chacun de nous et que Lui aussi regarde le nouveau-né par dessus l’épaule de son père terrestre…

A quoi Dieu pensait quand, en 1910, il regardait le berceau de la petite Agnès Gonxha Bojaxhiu ? Dans son cœur, le rêve de sa plénitude existait déjà. Le rêve de la plénitude de celle qui allait être connue plus tard sous le nom de Mère Teresa de Calcutta… Dans la quête du bon partenaire de vie, la majorité des hommes se pose cette question assez classique : « qui est la bonne personne pour moi ? » Ils ont leurs propres critères de sélection, peut-être même une petite check-list à laquelle doit correspondre au plus près le profil recherché. Les sites de rencontre fonctionnent un peu de la même manière me semble-t-il. Ce n’est pas tout à fait mauvais, car il faut quand-même partager des points communs… Pourtant je crois qu’on est un peu mal parti si on démarre une relation amoureuse comme ça.

La bonne question est : « pour qui suis-je la bonne personne ? » Tout d’abord parce que « la bonne personne pour moi » n’existe pas. Cela impliquerait que l’autre est là uniquement pour me combler, tel que je suis… Sans que cela sollicite la conversion de mon cœur, ni de travail sur moi. Tout serait facile. Trop facile ! Ensuite parce qu’« aimer » n’est pas simplement « avoir des grands sentiments » grâce à l’autre. C’est « apprendre à vouloir le bien de l’autre, apprendre à servir, apprendre à se donner, à accueillir. » Il y a une différence considérable entre « aimer l’autre pour moi » et « aimer l’autre pour l’autre et vouloir qu’il arrive à sa plénitude ».

Quel bel idéal à imaginer et même à croire : Dieu a un rêve pour la personne que j’aime, il a un rêve pour mon conjoint. Et le jour du mariage, Il me dit : « Mon ami, je te confie cette jeune femme (ou ce jeune homme). Mais attention : cette personne est à moi et elle est précieuse à mes yeux. J’ai un rêve pour elle, je pense à une plénitude pour elle. Veux-tu m’aider pour que ce rêve se réalise ? Pour qu’elle (lui) arrive à sa propre plénitude et vous, tous les deux, à votre plénitude ? Moi, je serai avec toi, je serai ta force, je te ferai comprendre qui est cette personne pour moi, et je me réjouis de réaliser mon œuvre à travers toi… Et de même : à travers elle, je voudrais aussi compléter mon œuvre en toi. Veux-tu te laisser façonner par moi à travers elle (lui)? En l’acceptant telle qu’elle est, non pas comme tu voudrais qu’elle soit ? ».

Faisons un petit pas de côté, en revenant un instant à l’Ancien Testament. Si nous voulons comprendre ce que signifie l’engagement de Dieu, regardons l’histoire d’Abraham, l’histoire de Moïse… Ce Dieu qui a ouvert la mer rouge devant Moïse et le peuple d’Israël, ce même Dieu va ouvrir vos « mers rouges » devant vous deux ! N’en doutez pas. Moi-même, j’en ai été souvent témoin pour ne plus en douter du tout ! Qu’est-ce que cela implique ? Rien de moins qu’un nouveau regard…

Changer de regard

À dire vrai, c’est la révolution copernicienne du cœur qui se prépare. Au lieu de voir l’autre comme la source du bonheur, on se met à désirer de tout cœur la plénitude de l’autre, celle à laquelle Dieu rêve. Le pape François le dit remarquablement bien dans Amoris Laetitia : « chacun des conjoints est un instrument de Dieu pour faire grandir l’autre. » Apprendre ainsi à accueillir l’autre pleinement, et à se laisser façonner par sa façon d’être — si différente et unique à la fois — est un vrai changement de regard.

S’impose alors une question. Comment connaître ce rêve ? Quel est le regard de Dieu sur votre conjoint ? La réponse est à la fois simple et mystérieuse. Fermez les yeux, ouvrez votre cœur, levez votre regard intérieur, cherchez le regard de Dieu, et demandez-Lui en toute simplicité : « Seigneur, quel est ton rêve sur mon conjoint ? Le sais-tu, mon Dieu… ? Je veux me convertir. Je voudrais savoir comment servir ton plan sur elle/lui, et donc sur notre couple ? Donne-moi la sagesse, car « elle connaît ce qui plaît à tes yeux » (Sa 9, 9) ». J’ose le promettre dans ces lignes : ce même Dieu qui a exaucé cette humble demande de Salomon, il vous écoutera vous aussi.

En cherchant alors la réponse à cette question « Pour qui suis-je la bonne personne ? » pourquoi ne pas commencer tout simplement à désirer de tout cœur que l’autre arrive à sa plénitude ? Si vous acceptez de vous laisser façonner et compléter par Dieu à travers l’autre, alors c’est déjà un très bon signe. Commencez à regarder l’autre avec ce regard du père ou de la mère devant le berceau de son petit. Permettez à Dieu de laisser son regard de tendresse passer par vos yeux. Regardez alors votre conjoint, et vous verrez… Dieu va vous faire entrer dans son rêve, et vous deviendrez un héros dans son histoire d’amour avec votre conjoint. Même si vous êtes mariés depuis trente ans ! Si vous êtes prêt pour cette révolution, pour cette conversion du cœur vers le rêve de Dieu et de son Amour, alors une nouvelle vie pour vous et pour votre couple commencera.

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« Vous êtes faits l’un pour l’autre », « voici réunies deux âmes jumelles »… Nous avons tous entendu ce genre d’affirmation notamment lors de discours de mariage.

Si je crois sans l’ombre d’un doute que l’homme et la femme sont faits l’un pour l’autre, je ne crois pas qu’il existe l’âme sœur que le Créateur aurait depuis toujours préparée et prévue pour l’autre. Car si c’était vrai, serions-nous vraiment libres ? Et si on se trompait dans le choix de la personne, aurait-on le droit de la changer pour le vrai perfect match ? Dieu aime et respecte trop notre liberté. Il aime se mettre en route avec ses enfants, les accompagner, écrire droit avec des lignes courbes. Dieu aime faire quelque chose de beau à partir de trois fois rien… Il me semble alors que le « l’âme sœur » n’existe pas.

Moi-même religieux, je partage ma vie — souvent pendant de longues années — avec des personnes que je n’aurai pas choisies en premier lieu. Pourtant, je garde encore ma liberté de choisir, d’apprendre à aimer, même quand je suis mis devant le fait accompli. Il me semble alors qu’on pourrait se marier avec pas mal de personnes. Ce n’est qu’après un bon et profond discernement, que celui qui aspire au mariage trouvera finalement la personne à épouser. Par conséquent, une fois marié, on est alors libéré d’un doute dangereux.

Au cours des mariages que je célèbre je dis souvent cette phrase aux mariés : « Heureusement vous n’allez plus jamais devoir vous poser la question si votre choix était le bon ou pas ! Votre choix est posé maintenant. Désormais, vous pouvez vous consacrer à la question suivante : comment peindre le meilleur tableau possible avec les couleurs que vous avez reçues ? ». En réalisant ensemble ce tableau commun, les couples doivent cependant veiller à ne jamais se comparer aux autres. Le seul modèle auxquels ils doivent aspirer, c’est à ce couple qu’ils sont appelés à devenir ensemble dans le cœur de Dieu.

Ce n’est qu’au moment où on se marie devant Dieu, que l’autre devient notre « âme sœur », grâce à qui on va atteindre notre plénitude. C’est possible parce que Dieu s’engage auprès d’un couple imparfait. Il le fait malgré les faiblesses de l’un et de l’autre. Il s’engage à ne jamais nous quitter. Au moment même du sacrement de mariage, Dieu nous confie l’autre pour qu’avec notre aide, il atteigne sa plénitude. À partir de ce moment-là le mariage n’est plus le lieu où on cherche le bonheur, ce qui est une erreur tellement souvent répandue ! Le mariage est le lieu idéal pour apprendre à aimer. Pour l’époux comme pour l’épouse, il permet d’apprendre à sortir de sa zone de confort et à se donner à l’autre.

Le but du mariage n’est pas que la vie soit plus agréable, plus facile ou avec moins de problèmes… Le but est d’apprendre l’art d’aimer, comment le disait le penseur allemand Erich Fromm. On n’a pas besoin de l’autre pour ne pas être seul, mais pour apprendre à se donner à l’autre : à celui qui est vraiment différent de nous, pour apprendre à accueillir l’autre qui aime et qui se donne différemment.

Aimer est choisir et re-choisir

Aimer est choisir. Saint Thomas d’Aquin disait que l’amour ne se limite ni au sentiment ni à l’émotion. Il se trouve juste entre la raison et la volonté. Reconnaissons-le, c’est une vision qui n’est pas très romantique… Cependant, nous avons besoin de la raison pour comprendre qui est l’autre, de quoi cet autre a besoin pour se sentir aimé. C’est après que nous pouvons employer notre volonté pour choisir d’agir ainsi, mettre en œuvre ce que nous avons compris. Aimer est choisir, et re-choisir. Il ne s’agit pas de rechercher la personne que nous avons choisie il y a des années, mais cette personne que nous avons devant nous aujourd’hui. Même — et surtout — si cet autre a bien changé…

Je me souviens de ce qu’un vieux prêtre irlandais me disait un jour : « Avant le mariage, il faut ouvrir grand les yeux. Après, il faut plutôt les fermer un peu ». Même si nous croyons bien connaître l’autre le jour du mariage, c’est impossible de le connaître parfaitement. Évidemment, nous ne savons pas comment il se comportera dans de nombreuses circonstances que nous n’avons pas encore expérimentées ensemble. C’est comme l’eau : on ne la connaît vraiment qu’une fois plongé sous différentes températures, selon des pressions et des circonstances diverses.

Ainsi, je ne crois donc pas que « l’âme sœur » existe avant le mariage. Je crois en revanche qu’un couple peut devenir un saint couple, même lorsque l’autre ne semble pas du tout être un saint conjoint. J’y crois précisément parce que Dieu s’engage dans le couple. Il n’est pas un spectateur qui bénit les jeunes mariés un peu de là-haut… Il s’y intéresse vraiment. Créateur, il est toujours prêt à faire pour chaque couple ce qu’il a fait pour le peuple d’Israël pendant l’exode. Dans les années 80, j’ai rencontré une femme abandonnée par son mari. Après dix ans de mariage, il était parti avec une autre. Cette femme a pourtant respecté le mauvais choix de son mari, par amour pour lui. Elle savait qu’il était un homme faible, qu’il manquait de maturité. Cela ne l’a pas pourtant empêché de lui rester fidèle, car elle a fait une promesse devant Dieu. « Si je le quitte aussi, m’a-t-elle dit, si je lui ferme la porte, il est perdu ». Finalement, son mari est revenu au bout de quinze années. Il n’est peut-être pas le chevalier blanc, mais il est devenu un bon mari, un bon père pour ses enfants, un homme humble et reconnaissant… Cette année, ils célèbrent leurs 50 ans de mariage !

Dieu soit loué ! C’est Dieu la source du bonheur, non pas le conjoint. Le conjoint peut être le lieu, le signe, l’instrument habituel. Dans le cas de cette femme, c’est Dieu qui, pendant ces 15 ans, lui a donné tout ce que son mari n’a pas su lui donner. Aujourd’hui je peux dire que cette femme est une des personnes les plus belles, les plus humbles et rayonnantes que je connaisse. Et je dois dire que c’est en grande partie « grâce » à son mariage si compliqué qu’elle s’est ainsi transformée. Son mari n’était donc peut-être pas son « âme sœur ». Mais cette femme s’est engagée pour toujours envers cet homme que Dieu lui avait confié. Elle a appris à faire confiance en ce Dieu qui s’était aussi engagé le jour de leur mariage. Elle a ainsi choisi d’aimer son mari pour qu’il devienne l’homme que Dieu voulait. Elle s’est transformée pour devenir l’épouse que Dieu voulait qu’elle soit pour son époux. Afin d’apprendre à aimer aussi dans les épreuves et devenir une de ces saintes que Dieu seul connaît.