Quel est le secret des couples heureux?

  • Qui sont ces couples heureux? de Yvon Dallaire

Voici un livre que j’ai écouté sur Audible, et que je recommande vivement de lire! J’en ai fait un résumé assez copieux ici, mais il mérite d’être lu dans son intégralité si vous êtes touchés par certaines problématiques.

Tout d’abord, il existe cinq étapes que connaissent tous les couples (les couples malheureux se séparent dans la majorité des cas à la deuxième étape): lune de miel ou période fusionnelle (la passion) –> la lutte pour le pouvoir ou période d’adaptation –> le partage du pouvoir ou période de stabilisation –> l’engagement ou l’amour véritable –> l’ouverture sur autrui ou comment servir d’exemple.

L’auteur nous dit ensuite que l’amour est bien à différencier de la passion qui est aveugle et irrationnelle. L’amour tient du sentiment et de la volonté, alors que la passion tient de l’émotion et est plus forte que la raison. Les couples heureux connaissent la passion mais ont su transcender cette période par un amour doux, raisonné et complice. Les couples heureux connaissent les mêmes difficultés que les couples malheureux, seulement ils n’ont pas la même façon de réagir. Les couples heureux ne sont pas fusionnels, chaque individu constituant le couple garde son identité propre et son indépendance qu’elle soit émotionnelle et au quotidien dans les activités. Ils ont instauré « la juste distance » qui permet de préserver l’autonomie et l’identité de chacun et de mieux gouter les moments de fusion. Ils savent prendre du recul vis à vis de leurs émotions, réactions et attentes pour pouvoir en parler de manière détendue et mature. A chaque nouvelle crise, ils ne remettent pas en question leur amour ni leur couple, alors que les fusionnels le font à chaque fois, émoussant la confiance et la tendresse à long terme, jusqu’au point de rupture.

Par ailleurs, l’on entend souvent « les contraires s’attirent » et « qui se ressemble s’assemble »: il apparait que la deuxième citation est vraie pour les couples heureux. Plus les personnes se ressemblent et ont un haut degré de compatibilité, plus elles auront de chance de rester ensemble.

Autres constats: les couples heureux ne remettent pas en question la bonne foi de leur partenaire, ils respectent les sensibilités et la susceptibilité de leur partenaire, ils acceptent d’être incompris par l’autre, ils ne cherchent pas à savoir qui a raison et qui a tort, ils ne forcent pas la communication, ils attendent le moment propice pour échanger ou se donnent des rendez-vous, ils savent qu’il existe des façons féminines et masculines de communiquer et ils respectent ces différences, ils communiquent très souvent en silence par des regards et des gestes sans mots dire, ils communiquent leurs besoins plutôt que leurs émotions ou leurs frustrations, lorsqu’ils expriment leurs émotions il le font de manière positive, ils savent qu’ils vont récolter ce qu’ils sèment (des compliments ou des critiques).

Les 6 sources de conflits insolubles sont: l’éducation des enfants, la gestion financière du budget familial, les relations avec les belles familles, la répartition des tâches ménagères, l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle et la sexualité. Ces sujets sont au coeur des confrontations et se transforment en blocage chez les couples malheureux. L’enfant a autant besoin d’encadrement que de liberté, les couples heureux le savent, tandis que les couples malheureux sont composés d’un partenaire permissif et d’un autre partenaire disciplinaire qui se font la guerre. De même pour le budget, l’un aura tendance à être dépensier et à vivre au jour le jour, tandis que l’autre voudra mettre de côté pour assurer l’avenir. L’un sera « très famille » et aimera voir régulièrement ses parents et sa fratrie, l’autre voudra vivre de manière plus autarcique.

Les membres d’un couple heureux ne comptabilisent pas ce que chacun fait. Ce sont plutôt les membres des couples malheureux qui imposent la formule du « donnant-donnant » et qui ressentent de la colère lorsque cet équilibre est rompu. Certaines personnes croient que parce qu’elles sont mariées, elles doivent tout partager: les loisirs, les sorties, chaque moment de détente… Or les activités conjugales partagées de manière obligatoire nuisent souvent au bonheur conjugal.

L’acceptation de l’autre tel qu’il est réellement correspond à un temps critique dans l’évolution de tout couple. Le véritable amour est celui qui survit aux fantasmes et à la passion du début. Malgré certaines déceptions, les couples heureux acceptent leur partenaire tel qu’ils le découvrent dans sa réalité. Ils acceptent les imperfections de leur partenaire parce qu’ils savent qu’eux même ne sont pas parfaits. Ils continuent malgré tout à admirer leur partenaire, base essentielle de l’amour. Les membres des couples malheureux demandent à l’autre de changer, et s’en suit une lutte sans fin. Cette première crise est inévitable et survient 3 à 5 ans après la rencontre amoureuse. Elle est responsable de 50% des divorces, c’est la « grande désillusion ». La deuxième crise correspond à l’arrivée du premier enfant qui va venir bouleverser l’équilibre conjugal et voler à l’homme l’attention et l’énergie de son amante. Ensuite, les aventures extra-conjugales prennent souvent place lorsque le couple est ancré dans une routine efficace mais monotone. C’est souvent la période du bilan de la quarantaine et constitue la troisième crise. Les membres des couples heureux communiquent beaucoup lors de cette crise de la quarantaine, se disent ces désirs inavouables mais tout à fait normaux, ils se sont rapprochés plutôt que de laisser le silence s’interposer. Ils ont compris que la quarantaine ne signifie pas le début de la fin, mais la fin du commencement, et ils se sont fixés de nouveaux objectifs. Ils sont restés amants ou se sont retrouvés en tant qu’amants, après avoir été si longtemps absorbés par leurs responsabilités parentales et professionnelles. Les couples qui divorcent à cette période là ne sont pas plus heureux cinq ans plus tard. La quatrième crise correspond au « syndrome du nid vide » lorsque les enfants s’en vont. La cinquième crise, qui peut être concomitante à la précédente, est le départ en retraite. Le fait de couper avec le statut antérieur de professionnel peut être déstabilisant. Les couples heureux rebondissent rapidement par l’action: en faisant un voyage de quelques mois, comme un second voyage de noces, ou en rénovant une petite résidence pour venir passer des moments paisibles durant la retraite.

D’autres moments critiquent peuvent faire surface: vivre avec un conjoint malade mobilise une énergie énorme. La mort d’un enfant entraine un divorce dans 80% des cas. L’achat d’une maison, un déménagement, la perte d’un emploi ou une réorientation professionnelle sont d’autres facteurs qui peuvent être aggravants. Mais le bonheur est avant tout une attitude mentale et non pas un statut particulier. Si l’amour est toujours présent, le divorce n’est pas la solution, mieux vaut comprendre les causes profondes de chaque crise et s’en relever plus forts.

Les membres des couples heureux ne sont pas plus intelligents que les autres, ne sont pas plus riches, ni plus instruits. Ce ne sont pas nécessairement des virtuoses de la communication. Ils se disputent comme les autres couples mais ne laissent pas l’harmonie en pâtir. Ils sont simplement dotés d’une capacité d’apprentissage et sélectionnent les actions et réaction qui vont dans le sens de l’harmonie.

Les quatre cavaliers destructeurs d’un couple sont les suivants: la critique (qui attaque l’intégrité de la personne, tandis que le reproche, lui, s’adresse au comportement), le mépris, l’attitude défensive, la dérobade. Les couples heureux apprennent à se disputer sans s’agresser et se manquer de respect tout en cherchant à se comprendre mutuellement. Et si votre partenaire continue à vous parler avec « du feu », répondez lui avec « de l’eau ». Pensez à bien respirer tout au long de la discussion pour vous centrer et rester calme. Présentez la dispute de manière positive: « j’aime beaucoup pouvoir échanger avec toi, même lorsque nos points de vue sont divergents ». Communiquez vos besoins, désirs et attentes; non vos émotions et encore moins vos frustrations. Touchez votre partenaire au cours de la discussion avec bienveillance et tendresse. Regardez-le dans les yeux. Rappelez-vous que nombres de problèmes conjugaux sont insolubles et qu’il vaut mieux apprendre à vivre avec ces divergences. Gardez la tête froide et le ton amical. Ne soyez pas sarcastique. N’abordez qu’un seul sujet à la fois, n’en profitez surtout pas pour vider votre sac. Baissez votre ton, comme pour le ton de la confidence. Laissez votre partenaire s’exprimer sans lui couper la parole. Posez des questions démontrant votre intérêt pour le vécu de votre partenaire. Ne donnez pas de conseils s’il n’a pas sollicité votre avis, mais exprimez de la compassion. N’accusez jamais l’autre d’être responsable de ce que vous ressentez. Au lieu de mettre de l’huile sur le feu, éteignez l’incendie en vous excusant ou en faisant des blagues qui donnent raison à l’autre.

Le secret ultime des couples heureux est que leur amour n’est pas basé sur la passion (variable et qui diminue avec le temps) mais sur une très profonde amitié. C’est à dire le sentiment d’affection et de sympathie basée sur une connaissance intime réciproque, un respect mutuel, une confiance à toute épreuve, et le plaisir de partager du temps et des activités avec l’autre. Les membres des couples heureux se comportent l’un envers l’autre comme si le partenaire était un invité, tout à fait spécial. On en prend soin, tout comme avec un ami.

Les couples heureux ont un compte épargne émotif positif, c’est à dire qu’ils continuent en permanence à se dire des mots doux et des paroles valorisantes chaque semaine. Cela vient nourrir leur affectif et les rend plus forts au moment des crises.

Les membres des couples heureux sont avant tout heureux avec leur propre personne, apprécient leur propre compagnie et ne se diluent pas dans leur couple. L’autre est choisi librement et n’est pas un besoin pour être heureux. Aucun vide n’est à combler. Fuyez la co-dépendance, visez la maturité émotionnelle et l’inter-dépendance qui sont saines.

En définitive, n’oubliez jamais que la base d’une famille, c’est avant tout un couple heureux. Et que la base d’un couple heureux, ce sont deux individus autonomes, épanouis individuellement, et matures émotionnellement.

  • Deux ressources supplémentaires pour réfléchir sur le couple:
  • Vidéo de l’abbé Denis Sonet très intéressante : ici
  • Audios de l’abbé Xavier Beauvais, que je recommande aussi : ici

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