Au jour le jour avec Nietzsche

Ce peut-il qu’un philosophe de la fin du XIXème siècle puisse par ses écrits, nous aider à mieux vivre en 2020?

Et bien oui, grâce à Julien Rochedy, l’on se rend compte que ce philosophe avait de l’avance sur son temps et avait anticipé l’évolution du monde depuis un siècle. Mr Rochedy a écrit un ouvrage « Nietzsche l’actuel » qui met en perspective les réflexions du philosophe avec notre société actuelle post-moderne. Je compte le lire prochainement, mais je souhaite ici faire un résumé de toutes les conférences gratuites que Mr Rochedy donne sur Youtube et qui sont très intéressantes. Je vous les recommande!

Cet article est le résumé très simplifié de quelques grandes pensées de Nietzsche et est amené à évoluer.

Alors qu’est-ce qu’être Nietzschéen et que peut-on en apprendre?

  • Avoir un idéal de vie aristocratique: « aristos » en grec veut dire « les meilleurs ». Cet idéal s’attache donc à ne pas se victimiser mais se dépasser sans cesse pour se perfectionner, se confronter aux éléments, sortir de son confort, faire preuve de courage, se battre pour ses valeurs, sa famille et ses terres. Attention, « se battre » ne signifie pas « haïr » car ce serait sombrer dans le nihilisme qu’il faut justement éviter. Mais simplement se mettre en action pour exprimer ses idées et ses valeurs. Il n’est pas question de ressentiment, il est question de partir en croisade avec force et joie au service de ses idéaux. La vie aristocratique ne se met pas au service de la haine mais du Beau, du Bien, du Grand, du Noble et de l’Exigeant. Le but étant de s’améliorer sans cesse et de servir une cause nous dépassant, ayant du sens et donnant toute sa saveur à l’existence.

  • Lutter contre le nihilisme en soi et dans la société: Le nihilisme est le rejet et la haine de la vie, de tout ce qui est beau, grand, noble, exigeant et qui a de la valeur. Le nihilisme, c’est vouloir inconsciemment se suicider et par contiguité détruire tout ce qui se trouve autour de soi. Force est de constater que nous sommes aujourd’hui dans un monde qui tend à « déconstruire une société (soi disant) patriarcale » avec ses traditions, ses codes et ses références et qui est la somme de plusieurs siècles d’évolution riche européenne. L’on met aujourd’hui en avant des femmes qui se revendiquent féministes et qui veulent ressembler aux hommes (elles suppriment leur essence féminine), des hommes eux se féminisent et étouffent leur virilité (je précise que viril n’est pas être macho), des penseurs qui se morfondent dans des idées d’uniformisation de la société et du monde, diluant la richesse de chacun. Pour ce qui est du nihilisme individuel, on le retrouve partout: certains fuient la réalité et ne vivent plus qu’à travers le prisme du virtuel (jeux vidéos et séries…), certains s’enferment dans des idées ‘new-age » de vies parallèles, d’autres dans des considérations religieuses dogmatiques liberticides et culpabilisantes. Nietzsche nous dit que la vérité se situe dans la réalité: ici maintenant, à cet instant, ce que vous faites: voici la vérité! Certains extrémistes sont prêts à se tuer dans l’espérance d’un paradis aux milles vierges, ils pensent que la vérité est ailleurs et sont prêts à s’auto détruire pour l’atteindre: pur nihilisme. D’autres se plaisent à s’auto-saboter toute leur vie. Soyez malheureux et vous n’aurez aucun ennemi. Soyez heureux avec de grandes idées et une volonté de construire, la foule de nihilistes vous feront la guerre et essaieront de vous faire taire pour ne pas que vous leur démontriez par votre éclat le néant dans lequel ils se sont enfoncés et qui les font végéter. Ils seront jaloux de votre volonté de puissance et de votre idéal d’excellence, de surpassement qui ne les renvoient qu’à leur maladie. Car oui, le nihilisme est à considérer comme une maladie dont on n’a même pas conscience d’être atteint. C’est ce qui fait toute sa dangerosité, l’âme de la personne est malade et elle ne le sait pas. Elle n’a pas conscience que ses choix de vie et ses pensées la poussent à se rendre tout petit voire à s’auto détruire. Chaque individu est atteint de manière plus ou moins importante de nihilisme. Que chacun fasse son examen de conscience et débusque le nihilisme en soi.

Ci dessus un exemple humoristique du nihilisme moderne occidental qui « vit de rien », veut que tout soit limpide et simple, surfe sur internet, refuse d’avoir des enfants, rend insipide sa vie intérieure et extérieure, vit dans un appartement dans une ville bétonnée, travaille assis et enfermé dans un bureau aux locaux blancs et aseptisés, côtoie des collègues dépressifs, retourne chez lui pour regarder Netflix (séries américaines) et se faire livrer un fast food car il ne cuisine pas, ne lit pas, est célibataire mais collectionne les histoires d’un soir. Le trait est forcé mais nous ne sommes pas loin d’une réalité chez beaucoup de nos jeunes aujourd’hui. La différence se fait surtout dans la sur-consommation que l’on retrouve plus généralement.

  • Revenir au corps : mépriser son corps et la vie matérielle de ce monde est une attitude complètement nihiliste et qui poussera l’individu au désespoir, à la suppression de lui-même. L’Homme n’est pas pur esprit. Du haut de sa vision moniste où le corps et l’esprit ne font qu’un, Nietzsche, en vertu de sa propre expérience douloureuse, découvre qu’un corps malade risque de produire des idées malades, et de nous pousser à vouloir nous venger de la vie.  Même si nous souffrons tous, il faut nous prémunir contre cette tendance, et notamment en nous efforçant d’aimer la vie, quoiqu’elle nous apporte. Cette terre sur laquelle nous vivons est à accepter comme elle est, il faut embrasser cette vie physique entièrement sans attendre un ailleurs. La Vie est belle et bien ici bas. De ce fait, prendre soin de ce précieux cadeau est important pour pouvoir vivre pleinement. Nietzsche nous invite à être un esprit acerbe mais aussi un corps fort et débordant de vie. Lui-même réfléchissait en marchant dans la nature. Faites de l’exercice physique, développez-vous, mangez sainement, évitez le plus possible les pollutions diverse, sortez au grand air. L’Homme est un être conquérant et qui à soif de se dépenser. C’est ce qu’on appelle « sa volonté de puissance ». Un jeune chez qui on éteint cette volonté devient dépressif et conformiste. Il est important de ne pas éteindre le feu intérieur des jeunes gens et des enfants, qui peut se manifester par une grande énergie physique, un refus de rester assis dans une salle de classe durant des heures chaque jour, de la créativité, l’envie d’aventure, de la contestation, et même de la rébellion aux injonctions strictes ou au nihilisme caché des ainés.

  • Conserver le bonheur déjà présent en nous: pour Nietzsche, le bonheur n’est pas une quête mais il est déjà présent en nous de façon innée. Si le corps est sain, que la volonté de puissance est intacte, l’individu n’aura qu’une idée en tête: se dépenser et exprimer son éternité. Le bonheur est expressif, tout comme la santé n’est pas l’absence de maladie, la santé est expressive (énergie, joie, dynamisme du corps et de l’esprit, bonne digestion, etc). Alors qu’est ce que le bonheur? Le bonheur n’est pas l’envie de se conserver mais l’envie de se donner sans mesure à l’aventure de la vie. Pour donner un exemple, il n’y a qu’à observer les enfants qui expriment ce bonheur simple et insatiable, cette énergie débordante, cette soif d’aventure, cet émerveillement pour la vie. Ils investissent leur corps et leur santé, se dépense sans compter, s’intègre à ce monde physique sans pensées nihilistes. Voici ce que les adultes devraient réapprendre à faire. Explorer, prendre des risques, apprendre en s’amusant, s’entourer, s’entraider, construire une famille… Ils devraient arrêter de vivre comme des « petits vieux » qui sont partisans du moindre effort, qui sont souvent aigris et peureux, se raccrochent à des satisfactions minimes sans intérêt, et ne sortent plus de leur maison. Parallèlement, Nietzsche dénonce la « moraline » qui empêche l’Homme d’exprimer son essence et le culpabilise sans cesse. L’adulte veut se battre pour ses valeurs et ses terres, se dépenser physiquement, se mettre au service et souhaite exprimer toute sa puissance sans crainte, être heureux par ce fait là chaque jour. Exprimer son éternité et sa volonté de puissance avec force et joie est le bonheur ultime de l’homme.

  • Accepter la souffrance comme faisant partie de l’existence: apprécier nos moments de souffrance autant que nos moments de bonheur. Evitez toute souffrance, c’est aussi se refuser les grands bonheurs. C’est vivre petitement et apeuré par la vie elle-même. Car la tension est au coeur même de l’existence, elle en est son essence. Il faut apprendre à l’aimer plutôt qu’à la combattre. Les difficultés nous forgent et nous rendent meilleurs si on ne bascule pas dans le nihilisme par découragement. Si tout était simple et facile, la vie aurait moins de saveur et serait insipide. C’est peut-être pour cela que tant de jeunes souffrent de dépression aujourd’hui… Le sur-homme selon Nietzsche est l’homme accompli qui exprime sa volonté de puissance, s’accepte comme il est et accepte les souffrances auxquelles la vie le soumet. Il devient ainsi plus fort, s’améliore constamment et se relève sans jamais s’user.

Amor Fati : aimons notre destin, toujours.

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