Les besoins d’un enfant heureux

Pour écrire cet article, je me suis basée sur les recherches et travaux du Dr Catherine Guegen (pédiatre et conférencière qui s’est passionnée pour les neurosciences et qui a écrit deux livres sur le développement optimal des enfants). J’ai aussi résumé les travaux d’Isabelle Filliozat pour la dernière partie de cet article (psychothérapeute française, conférencière et auteure).

Les neurosciences affectives et sociales sont récentes et émergent depuis le 21ème siècle: ce sont les sciences qui étudient le cerveau lorsque nous sommes en relation avec les autres (autopsie du fonctionnement affectif). Ces neurosciences posent la question suivante: Qu’est ce qu’il faut faire pour que l’être humain se développe bien et soit heureux?

  • si les parents présentent empathie, écoute, douceur, bienveillance, et qu’ils sont soutenants et aimants: le cerveau de l’enfant va se développer au maximum de ces possibilités. Etre empathique c’est: sentir les émotions et pensées de l’autre, les comprendre et avoir envie de lui apporter du bien-être (3 composantes). Cette attitude parentale vis à vis de l’enfant va modifier profondément son cerveau, ses connexions neuronales et même ses gènes pour un développement optimal. L’enfant va être heureux de vivre, et avoir envie de connaitre les autres et le monde qui l’entoure.
  • dans le cas contraire: violences psychologiques et/ou physiques (humiliations, punitions, stress, absence d’empathie…): empêche la maturation du cerveau de l’enfant et créer des mémoires traumatiques. Plus l’enfant est jeune, plus il est sensible au stress. Dès la vie intra-utérine, cette notion est très importante: le fœtus ressent les émotions de sa mère, qui doit veiller à transmettre des émotions apaisantes et d’amour à son enfant. Car la relation affective ne débute pas après l’accouchement, mais bien avant déjà!

Les émotions sont des réponses biologiques à une situation extérieure. Elles sont nécessaires à notre survie: ce sont des signaux qui nous renseignent sur ce qui se passe en nous. Ce n’est ni bien, ni mal, il n’y a pas de jugement à avoir vis à vis d’une émotion! De plus, les chercheurs nous disent qu’exprimer ses émotions est extrêmement bénéfique parce que cela apaise et régule notre cerveau émotionnel. Cela permet de se connaitre et faire des choix qui nous correspondent vraiment. Enfin, ça va calmer une structure cérébrale particulière: le cortex pré-frontal. Il est impliqué dans l’adaptation du comportement humain aux situations nouvelles ou complexes, ainsi que dans nos relations affectives et sociales.

Le cortex pré-frontal (ou orbito-frontal) d’un enfant est immature. La première étape de maturation se fait à l’âge de 7 ans (« l’âge de raison »). Avant, l’enfant est incapable de contrôler ses émotions et de relativiser une situation. Ceci se traduit par une colère noire car il n’a pas pu appuyer sur le bouton de l’ascenseur, ou une crise émotionnelle intense pour un minime tracas. Il faut aussi savoir qu’un cortex définitivement mature se rencontre chez un adulte de 25 ans! Donc les parents doivent avoir beaucoup de patience: la maturité émotionnelle prendra du temps chez un enfant.

Mais que faut-il concrètement pour une enfance apaisée?

Il faut savoir surtout comment réagir face aux tempêtes émotionnelles de nos enfants. Déjà, comme nous l’avons vu, le parent ne doit jamais perdre en mémoire que son enfant fait de son mieux et qu’il est incapable de filtrer son émotionnel. Le parent doit rester solide et transmettre des valeurs à son enfants, mais il doit aussi lâcher prise et être flexible face à un enfant faisant apparemment un « caprice ». Pour répondre au mieux à sa détresse émotionnelle avec empathie, le parent doit comprendre pourquoi un tel évènement minime a entrainé une telle réponse explosive:

  1. un rituel non respecté et perturbé: vous ne comprenez pas pourquoi l’enfant refuse de mettre son écharpe ce matin avant de partir à la crèche… il refuse catégoriquement et se met à hurler lorsque vous insistez. Vous vous rendez alors compte qu’habituellement, vous lui mettez d’abord ses chaussures avant l’écharpe et qu’aujourd’hui, vous vous apprêtiez à faire le contraire. C’est ce qu’on appelle « la période sensible de l’ordre »: de 6 mois à 2 ans et demi, le petit est sensible à l’ordre car il essaie de se représenter le monde qui l’entoure. Soyez donc vigilant aux rituels que vous mettez en place avec lui et respectez-les pour le sécuriser.
  2. un enfant épuisé: un bon repas, un câlin et une nuit de sommeil suffisent à répondre au besoin de cet enfant. Un enfant épuisé qui se ferait de surcroit disputer pour sa réaction aurait pour conséquence de l’épuiser et le faire pleurer davantage: cercle vicieux qui épuise aussi le parent…
  3. son réservoir d’amour est vide: un enfant a des besoins de base que les parents doivent veiller à satisfaire (manger, boire, être propre, bien dormir, être au chaud et recevoir de l’amour). Ils sont fondamentaux. Un enfant qui n’aura ni communiqué ni joué de la journée avec un parent débordé, peu disponible sera en manque et cela le stressera au point de provoquer des crises émotionnelles très fortes. Sa détresse est seulement le reflet d’un besoin affectif. Prenez toujours du temps chaque jour pour entrer en relation exclusive avec votre enfant, jouer pleinement avec lui, le câliner en conscience.
  4. Trop de tensions et de stimulations accumulées: l’enfant absorbe tout ce qu’il perçoit de son environnement. Or, si le contexte est hyperstimulant (dessins animés bruyants, hypermarché bondé, situations familiales anxiogènes), il va avoir besoin de décharger d’une manière ou d’une autre ce trop plein d’informations. Le déclencheur va alors être minime et n’avoir aucun rapport avec la cause de sa détresse. Ce qui peut provoquer des malentendus chez un parent non averti. Si vous vous rendez dans un lieu nouveau (gare, magasin, réunion de famille), la clé est d’anticiper et de lui donner une tâche concrète pour focaliser son attention: un petit jouet, ou lui demander de vous aider à mettre les légumes dans le cadi… Si la décharge éclate: le prendre dans vos bras pour le contenir, le calmer et le sécuriser.
  5. un malentendu: les jeunes enfants ne comprennent pas la négation +++ Si vous dites à votre enfant: « ne traverse pas la rue! », il va comprendre: « traverse – rue ». Il va faire non seulement le contraire de ce que vous lui dites, mais en plus il vous regardera en souriant: quel affront! Le parent très en colère va réagir vivement et provoquer une crise chez l’enfant qui ne comprendra pas. Et qui recommencera… Prenez donc l’habitude de reformuler vos phrases: « nous devons marcher sur le trottoir, la route est pour les voitures. » Les choses seront beaucoup plus claires pour tout le monde.

J’espère que cet article vous sera utile, à bientôt ❤

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